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Oubliez mes bonnes intuitions, Bob n'est vraiment pas à la hauteur. Bob est creux, n'a pas grand chose à dire. Bob est un échec. Quelquefois encore il m'arrive en allumant une cigarette de me dire "merde mince, et Bob..." mais honnêtement, ce n'est qu'un pâle souvenir, ça me fait soupirer, comme quelqu'un que vous avez vraiment apprécié et qui a tellement changé que vous ne le reconnaissez plus....
Tout ça pour dire, désolée, mais je suis toujours sans connexion...
A très bientôt, enfin, le plus vite que je pourrais!
... pris pour cette semaine, entre mercredi et vendredi, c'est promis!
Je ne m'étais pas trompée sur Bob. C'est vraiment un gars bien.
Il a pointé le bout de son nez ce matin PILE au moment où je pensais déjà à lui après ma première cigarette. Il a de l'instinct, un feeling ce mec. Sûr qu'on va s'entendre!
Et puis compréhensif et tout! En gros, il m'a dit je sais c'est dur d'arrêter, d'ailleurs, je te le demande pas tout de suite, on va d'abord se préparer avant d'arrêter. Voilà qui me soulage, parce que moi je suis pas prête du tout. En vrai, j'ai même pas super envie d'arrêter. Je me dis qu'il faut que j'arrête, pas que j'ai envie d'arrêter.... Vous saisissez la nuance?
Mais Bob en a vu d'autres!
Je vous livre son petit mot du jour: L'arrêt du tabac, y'a jamais d'échec, y'a que des succès différés...
Il est l'homme de la situation!
Allez Bob, t'as gagné ta catégorie!
Depuis ce matin j'ai un coach virtuel pour arrêter de fumer.
On m'a demandé de lui choisir un nom.
Je l'ai appelé Bob. je trouve ça pas mal, Bob.
On peut faire, "ah tiens, c'est mon bon vieux bob qui se soucie de moi!"
ou "Ta gueule Bob!" (Bob n'est pas homme à se vexer si facilement)
Il me semble que ça passera mieux que sandra ou charles (oui, en fait y'avait un choix limité de prénoms possibles).
On pouvait aussi choisir de l'appeler "mon fidèle allié(e)" ou "l'ami(e) qui me veut du bien". Mais franchement, recevoir un mail de "mon fidèle allié", j'aurais l'impression de mener une guerre sans merci. Bon, c'est vrai que ça sera un peu le cas, mais justement, moi je préfère dédramatiser.
L'ami qui vous veut du bien, je suis désolé mais là ça tourne au patos. Vous vous imaginez, à la lecture de vos mails, le seul qui arrive estampillé "ami", vous le connaissez pas, et tout ce qu'il a à vous raconter c'est des hsitoires de cancer? Non vraiment je m'en passerai... Un ami? tu parles, t'auras vite l'impression que c'est la seule personne de ton entourage payée pour te gacher la vie. Moralisateur et tout et tout... De toutes façons on a déjà tous un de ces amis qui vous veut du bien, et en général ils sont tous étouffants, et on les évite volontiers.
Mais Bob? C'est inoffensif, ça vous engage pas à grand chose d'avoir un Bob dans votre entourage. Vous avez déjà vu un Bob vous faire des sales coups ou chercher des embrouilles?
Bob, c'est le type sympa, passe partout, vous traitez votre problème de tabac avec Bob, et alors? Rien de plus ordinaire, un point parmis tant d'autres dans votre vie!
D'ailleurs je vais vous dire, je l'aime déjà!
"Tiens les mails déconnent. Ah, sacré Bob, toujours aussi peu à l'aise avec l'informatique"
ou encore "Tiens, pas d'nouvelles de Bob aujourd'hui. Il a dû prendre sa journée, c'est vrai qu'il avait l'air bien crevé ces derniers temps".
Bob m'est déjà aussi familier que mon paquet de cigarettes...
Angoisse...
Y'a-t-il un "sevrage du pote Bob" inclus? A quoi je vais m'accrocher si Bob disparait en même temps que mes paquets de clopes?
"Commence par t'arrêter de fumer avant de faire la maligne!"
Alors là on sent tout de suite que ça, c'est pas du Bob tout craché. Saleté de Suzie II, j'vous l'avez bien dit que ça serait pas drôle si je commence à parler de moi!
Lundi j'ai écrit que j'allais préparer un nouvel article. Et je l'ai pas fait. Enfin j'ai commencé mais j'ai pas fini.
Remarquez que c'est pas si surprenant de ma part. J'ai dans mes "brouillons virtuels" une bonne quinzaine d'articles commencés et pas finis. Je les ai gardé en me disant que peut être ça me servirai un jour. Et en fait non. Je les reprend pas. Sans parler de tous les bouts de papier volants qui se perdent, sur lesquels on avait griffonné un plan, quelques bribes de phrases, une idée.
Bref, je vous ai un peu menti, et je culpabilise.
Mais notez que c'est me donner une importance que j'ai pas de culpabiliser. Penser que des lecteurs attendent impatiemment que je publie ma prose, et qu'ils sont déçus que je ne le fasse pas, c'est un peu prétentieux non?
Oui mais si je me dis "culpabilise pas, y'a que toi que ça regarde d'assumer ou pas", c'est pas très respectueux pour mes quelques lecteurs qui m'épatent à revenir quotidiennement.
Du coup j'ai un peu honte, et je culpabilise pour me déculpabiliser. (je sais pas si vous suivez).
Bref, donc je publie un article.
"Ah ouais? Et t'es fière de toi maintenant? Publier pour publier alors que t'as rien à dire, tu trouves ça respectueux?"
Ah! Alors ça c'est une remarque intempestive de la fille chiante qui vit avec moi dans ma tête. Elle s'appelle suzie aussi, et elle est vraiment épuisante. Elle a toujours raison, vous pouvez rien lui cacher, et son trip c'est de toujours vous renvoyer vos faiblesses en pleine tête.
D'ailleurs là précisemment, elle vient de m'amener l'air de rien pile là où je voulais pas. Le sujet autour duquel je tourne depuis un an avec ce blog sans jamais vraiment m'y confronter. Sa problématique en quelques sortes. Son paradoxe.
Je m'explique.
J'ai classé ce blog en journal intime. Surtout parce que j'assumais pas de le classer ailleurs.
Par exemple je rêverais d'avoir un blog classé humour. Sauf que pour ça faut être drôle. Pas droit à l'erreur. Et les jours où tu déprimes? ben tu te demmerdes pour que ça fasse rire. Trop compliqué pour moi.
J'aurais aussi bien aimé avoir un blog politique ou actualité. Mais j'aurais été au milieu de plein de blog de mecs super calés, et en vrai moi faut avouer que j'y connais pas grand chose au fond.
Donc voilà, journal intime. Sauf que qui ça pourrait intéresser que je raconte ma vie, ce que je suis tout ça?
Allez ok, jouons la carte sincérité jusqu'au bout et poussons le raisonnement. Est-ce que je suis prête à ce que des gens lisent ma vie, ce que je suis?
"Eh toi, tu viens pas de dire jouons la carte sincérité jusqu'au bout? Alors vas-y donne là ta vérité!"
Ben on y est. le noeud de la problématique. Suis-je prête à bavader pour le plaisir avec Suzie II ici présente?
Journal intime: Un truc dans lequel on est censé parler de soi. Se dire, se raconter. Raconter sa vérité, sous entend sans se mentir à soi même.
Bavarder avec sa conscience.
Bordel. Pire que le journal intime, le journal intime lu par des anonymes. J'ai choisi la pire entreprise.
Pourquoi je vous raconte ça?
Parce que là où je suis quand je suis pas en vacances, j'ai pas internet. Et je pensais profiter des vacances ou week end pour taper des articles que j'aurais écrit sur papier volant au jour le jour. Sauf que: l'actualité périmée c'est sans grand intérêt. Donc il faudrait que je fasse des articles plus intemporels. Peut être même qu'il faudrait que je vous parle de moi.
Et cette perspective m'angoisse. C'est dit. Contente suzie?
" On va dire que ça ira pour aujourd'hui. Pour un début c'est pas si mal.
- Merci pour ta clémence!"
Psssst... Vous voulez une confidence, une vraie?
J'ai un peu changé ce qu'a dit suzie II quand j'ai écrit... Elle le sait mais elle peut rien faire... Maintenant vous savez, et elle sait que vous savez, je sais que vous savez, vous savez qu'elle sait. Mais y'a que moi qui saurait ce qu'elle a vraiment dit!
vous avez dit?